Il est
12h47. Cette crucial envie me reprend. C'est le moment des aveux. Faire mon sac et repartir sur la route. Une envie qui me prend tout le corps et qui hante mes journées. Après avoir découvert comment j'étais le plus heureuse dans ma vie, je dois me faire à l'idée de ne plus l'être vraiment jusqu'au jour
ou. Après avoir connu la liberté, la vraie, je dois me contenter d'écouter ces gens qui me disent quoi faire, quoi penser, ou aller & comment me comporter. C'est comme avoir goûter à la perle de la vie et devoir l'oublier faussement. Mais ma tête refuse cet oubli. Bon sang, mais
COMMENT oublier? Comment oublier ça je vous le demande. C'est humainement impossible!
Il est
14ho8. Tout me semble futile. Ce clavier sur lequel j'écris. Cet écran d'ordinateur. Cette télé. Toutes ces fringues éparpillées sur le sol. Nos vies ne sont que succession d'addictions. Plus de ci, plus de ça, moi j'veux ci moi j'veux ça. Mais pourquoi au final? Pour être plus heureux? Au moins je ne suis pas la seule à ne pas l'être ici. Sauf que moi je sais ce dont j'ai besoin pour être heureuse. Retrouver ma liberté.
Il est
15h3o. J'effectue inconsciemment la comparaison entre les enfants des voisins et ceux que j'ai rencontré dans le désert de Poushkar. L'un pleure, sa mère l'emmène à son cours de danse. Le refus, l'obligation, les pleurs, la panique, l'exaspération, une succession d'évènements typiques de la culture occidentale. Pousser l'être humain à faire ce qu'il ne veut pas pour son soit disant "bien", penser à son futur peut être un peu trop. Faire de lui un automate et le considérer d'intelligent avec l'école de prestige qu'il a eu, les cours à domicile de flûte à pan qu'il s'immiscera plus tard dans son cul.
De l'autre, un enfant souriant. Sa vie s'étend simplement à ces des huttes en bois posées sur la terre battue, sa mère, sa soeur & son chien. L'eau n'est disponible qu'a la rivière, à quelque Km d'ici. Mais tout va bien, tout est parfait, tout est paisible, il parle très bien l'anglais, mieux qu'un élève de 16ans ayant poursuivis des études durant toute sa vie. et ça j'en ai rencontré des tas, des p'tits bonhommes hauts comme trois pommes qui vous tiennent la tchatche en anglais, ayant déjà le sens des affaires et qui vous pigeonnerais un députés d'la cour. L'école? ils ne connaissent pas. C'est beaucoup trop cher et ont a besoin d'eux pour nourrir la famille. Mais le sourire est toujours là.
16h1o. Voilà presque deux mois déjà que je possède ce train de vie. Je ne sais plus ce que c'est qu'un agenda. Je me pointe en touriste au bahut, j'enchaîne les contrôles et pour la plupart les réussi avec brio. Le soir mon amant me rejoint, toujours le même rituel accompagné des mêmes drogues. Jusqu'à 4h du mat c'est le même cahot. Une suite innocente de joints et d'alcool. Une mine défaite et l'on se réveille le matin, encore plus déphasé que la veille sans aucun souvenirs de ses rêves. Ma tête cherche une motivation. Il n'y en a pas, aucune. A part ces têtes apprivoisées qui me mettent du baume au coeur et ce bahut ma foi fort sympathique que je retrouverais demain, il n'y a rien qui me pousserait à sortir de mon pieu. Alors restons et remettons ça toute la journée. Ma tête n'est alors qu'un brouillard qui pèse lourd. Je fais des crises d'angoisses tandis que mon corps m'envoie des appels à l'aide. Crispation, crampes. S'est passé. C'est repartide plus belle. Quelle heure est il? Peu importe. As tu faim? Peu importe. Que veux tu? Oublier.
Il est 16h56. Je zappe. La une, la deux, la trois, la quatre, la cinq, la six.. Qui dit la vérité? Qui tente de nous endormir l'esprit pendant que dehors c'est la merde. Soudain le zapping. Comme un arrière goût de 68. Un soulèvement protestataire européen dont les signaux précurceurs s'assimilent étrangement à notre actualité. Le recul me fait prendre conscience. Moi je suis prête. Qu'on donne le signal, je serais en tête du ploton.
" & si on est des citoyens, alors aux armes la jeunesse, ma france a moi leur tiendra tête jusqu'à c'qu'il nous respectent. "